PSA vise une amélioration de 31% du taux d’utilisation de ses usines à 2012

En 2009, le taux d’utilisation des capacités de production des usines du groupe PSA a été de 80%. Il devra être de 105% en 2012 a annoncé son président Philippe Varin lors de la présentation des résultats financiers.

Le groupe PSA qui a annoncé une marge opérationnelle négative pour 2009 (-1 257 millions d’euros pour l’activité automobile) veut regagner une partie de sa compétitivité par une meilleure utilisation de ses capacités de production.
Ainsi, dans le plan d’amélioration de 3,3 milliards présenté en novembre dernier par Philippe Varin (ce gain étant attendu sur 3 ans à raison d’un tiers par an), 55% devront venir de l’amélioration de la productivité de l’entreprise (production, développement et frais généraux).
Décliné concrètement, cet objectif vise à améliorer le taux d’utilisation des capacités de production avec un objectif de 25 points de mieux sur la période, passant d’une moyenne de 80% en 2009 à 105% en 2012 (soit une progression de 31%), dans la définition de la norme Harbour (capacité horaire x 16 heures x 235 jours).
En 2009, ce taux a été très variable avec un point bas à 70% au premier semestre lié en partie à la réduction des stocks (197 000 voitures de moins sur la période) et une reprise au second (les stocks y ayant progressé de 9 000 voitures) avec un taux d’utilisation à 92%.


Compactage et réduction de capacité
Depuis plus d’un an, le groupe PSA qui avait dimensionné son appareil de production pour faire 4 millions de voitures (un objectif en son temps affiché par Jean-Martin Folz, puis Christian Streiff) et qui n’a jamais dépassé 3,3 millions de voitures a mis en place une politique de redimensionnement avec le “compactage” des sites existants.
Cela a été fait à Aulnay (à l’été 2008) et vient d’être achevé à Rennes (à l’été 2009). Dans ces deux cas, le compactage a été de paire avec une réduction de capacité : Aulnay étant passé de 2 à 1 ligne, Rennes de 3 lignes à 1,5, une à grande cadence, une à petite cadence pour le segment M2 et H, précise Guillaume Faury, directeur technique et industriel de PSA.
Le coût d’utilisation étant proportionnel à la surface (600 euros/an par m2, selon un chiffrage donné par Roland Vardanega en juin dernier), ce compactage vise aussi ”l’amélioration de la productivité à isocapacité”, souligne Guillaume Faury.
La logistique avec notamment la préparation de lots en bord de chaîne pour les opérateurs est un des éléments de réduction des coûts et permet de ”ramener de la valeur sur la ligne”, souligne-t-il.


Plus de voitures par heure
Ce compactage et les gains en nombre d’opérations par opérateur qui l’accompagnent participent également à l’amélioration du taux calculant le nombre moyen d’heures de production par véhicule. Ce taux a ainsi baissé de 7% entre le 1er et le 2e semestre 2009 et ”cette tendance devrait se confirmer” a dit Philippe Varin.
“Notre objectif est de réduire le 20% le nombre d’heures moyen par voiture entre 2009 et 2012″, a précisé Guillaume Faury.
Le groupe PSA aura donc réduit en un an ses capacités de production d’environ 10% sur deux sites français. Le groupe reste cependant avec un taux de fabrication en France de 36,8% en 2009 selon les données du CCFA (supérieur au 23,4% de Renault en 2009, données du CCFA), grâce notamment au succès des 3008 et 5008, ainsi que de la 206+, trois nouveautés de 2009 fabriquées à Sochaux.
Pour autant, la stratégie du groupe est bien de développer ses capacités de production sur les marchés en croissance; en mars notamment démarre son usine commune avec Mitsubishi en Russie (capacité potentielle à 300 000 unités pour les deux groupes).”Il n’est pas incompatible d’être un bon citoyen et d’avoir un développement mondial”, a dit Philippe Varin alors que l’Etat a récemment sévèrement critiqué les délocalisations à propos de Renault.
Florence Lagarde

 

 

 

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