Sevelnord Hordain: cinq journées d’arrêt de travail

de plus en juillet et en août

vendredi 29.05.2009, 17:43 - La Voix du Nord

| Hainaut |

La direction de l’usine automobile Sevelnord Hordain a annoncé, hier, cinq nouveaux jours chômés qui seront étalés sur les mois de juillet et août.

 

Ils viennent s’ajouter à ceux prévus en ce début du mois de juin.

Chômage  Jours non travaillés  en juin

 

. En juin : du 2 juin au 8 juin  reprise le mardi 9 juin début de poste).

. En juin (rappel) : jeudi 25 après midi et vendredi 26 toute la journée.

 

Chômage  Jours non travaillés  en Juillet

 

. Vendredi 10 et lundi 13 (mardi 14 juillet férié).

. Jeudi 30 et vendredi 31 juillet.

 

Chômage  Jours non travaillés  en Aout

 

Lundi 24 août matin (équipe bleue)

Reprise : du travail

Pour l’équipe verte le 24 aout l’après midi.

 

Production des mois à venir

 

 

 

Juin

Juillet

Août

Production jour

392

392

392

V/jour

116

79

79

G9/jour

276

313

313

Total V mois

1432

1572

353

Total G9mois

3411

6231

1397

Total produit

4843

7803

1750

 

 

 

Activités  Comité d’Entreprise

 

 

Distribution des cadeaux salariés

Le vendredi 12 juin de 12 à 21h30 à la salle polyvalente

(Spécial pour équipe de nuit : le 12 de 5h à 6h30

Et le samedi de 15h30 à 18h30 pour le personnel en déplacement.

 

Exposition des jouets de Noël

samedi 04  juillet, salle polyvalente.

       

Données commerciales du mois d’avril

 

 

Marché Européen des Monospaces en baisse de – 33 % :

 1er Ford S Max 28,68 %

 2ème Ford Galaxy 19,44 % 

 3ème VW Sharan 14,17 % 4ème Renault Espace 13,32 %

 5ème V 12,66 %.

 

Vente  des véhicule en Avril

 

658 ‘807’ (-57,8%/avril 2008)

497 C8    (-41,7%/avril 2008) 

 

Marché Européen des Utilitaires K1 en baisse de – 48,2 %

 

Transport 24,12 % 

2ème G9 23,35 % 

3ème Renault/Nissan 19,55%,

4ème Mercedes Vito 15,23 %

 

Effectifs 

 

 CDI 3073 au 26 juin

 CDD 40 44

 Apprentis, 44  57

 

PREC

 

122 dossiers à ce jour signés pour un objectif de 350 au 31décembre 2009

 

195 dossiers en cours de traitement

   

Production des mois à venir

 

 

 

Juin

Juillet

Août

Production jour

392

392

392

V/jour

116

79

79

G9/jour

276

313

313

Total V mois

1432

1572

353

Total G9mois

3411

6231

1397

Total produit

4843

7803

1750

 

 

 

          

                          Format PDF clic sur lien        tract-20-greve-26-mai-2009

 

Politique Salariale 2009

Gardons le cap !

 

Sud Appelle à la Gréve le  26 Mai à partir de 05H30 pour l’équipe verte

13H00 pour l’équipe bleu devant la grille du Montage devant le Bâtiment  RH

 

Voilà trois bonnes revendications :

 

Sud Veut connaitre l’avenir de notre entreprise.                                    

Sud Veut Obtenir de meilleures conditions de travail.

Sud Veut Obtenir une augmentation générale décente, et non leur aumône d’1%.

 

     Après l’obtention d’un emprunt des deniers publics de 3 milliards d’euros, nous demandons nous aussi la redistribution d’une partie du pactole.

 

     Pas de nouveau véhicule pour Sevelnord et on va faire quoi alors, fermeture du site, plan social en 2010 ? Comme dit si bien Nicolas Guibert « il n’y aura Pas d’état d’âmes », 

Alors nous non plus.

 

     Il est temps qu’on réagisse maintenant, pas demain il sera trop tard, les caisses seront vides, et n’oubliez pas que nous ne sommes Peugeot que quand cela les arrange.

      Sachez que la crise sera longue, tous ensemble restons soudés, combatifs, tous ensemble pour un seul et unique combat, pour des réponses concrètes et écrites, et non pour des rumeurs !

      Info : Suite à la dernière réunion des délégués du personnel du 20 mai, la Direction a annoncé que les bouteilles d’eau étaient interdites en ligne au ferrage (faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais).

      A savoir que lorsque les salariés sont au chômage partiel chez eux à s’inquiéter de l’avenir de leur entreprise, la Direction, elle, ne doute de rien et se permet de faire des frites-party au RH.

Quand les ouvriers sont inquiets, la Direction fait la fête.

Voilà comment les ouvriers sont respectés.

 

  Solidaires  sud Industries 59

                       Nous voulons des victoires sociales,

                                                 Refusons de payer leur crise !

29 janvier, 19 mars, 1er mai, … une journée d’action toutes les 6 semaines, ça permet des démonstrations de colère, de révolte, de résistance, de volonté de se battre collectivement.  C’est important de se retrouver ensemble : du secteur public et du secteur privé, travailleur/ses en activité, chômeurs/ses, retraité-e-s, en formation … Les 8 organisations syndicales nationales « appellent les salarié(es) à faire du 26 mai une journée de mobilisation décentralisée ».

Mais il faut franchir un cap. Poursuivre dans cette stratégie des seuls « temps forts » bimestriels, c’est reprendre une tactique qui a déjà montré qu’elle aboutissait à une défaite du mouvement social. L’Union syndicale Solidaires l’a dit au lendemain du 29 janvier, répété après le 19 mars, et c’est maintenant une urgence : la grève générale interprofessionnelle est la perspective qu’il faut fixer et préparer.

Des collectifs interprofessionnels existent localement et mobilisent dans l’unité. Au-delà de l’Union syndicale Solidaires et de ses syndicats, cette exigence est portée aussi par des équipes syndicales d’autres organisations.

Dans le secteur privé, l’urgence est là : il est nécessaire de coordonner nationalement les luttes menées localement contre les licenciements qui se multiplient : dans l’Industrie, le Commerce, les Services, … partout !

La convergence est aussi nécessaire pour les services publics : santé, poste, fonction publique, rail, énergie, éducation, recherche, protection sociale, … nous sommes tous concerné-e-s par ces combats, qui seraient plus efficaces réunis.

Chaque jour, les millions de salarié-e-s sont toujours plus victimes de la crise d’un système qui n’est pas le leur !
Patronat et gouvernement mènent une guerre ouverte contre les salarié-e-s, pour préserver leurs acquis, leurs taux de profit, leur richesse, leur pouvoir ; les patrons continuent d’engranger dividendes, stock-options, revenus exorbitants, fortunes invraisemblables.

Chaque jour, il y a des grèves, manifestations, occupations d’entreprises.
Les organisations syndicales ont pour rôle de les appuyer, les développer, les coordonner, … les faire gagner
 !

Par la grève générale interprofessionnelle,

Imposons un autre partage des richesses !

 

L’union syndicale Solidaires met quatre points en avant :

-         Arrêt des licenciements, indemnisation à 100% du chômage partiel payé exclusivement par un fonds patronal mutualisé, réduction du temps de travail, car les salarié-e-s n’ont pas à payer la crise alors que les entreprises accumulent les profits.

-         Augmentation générale des salaires, des pensions, du SMIC et des minima sociaux, 300 € pour toutes et tous immédiatement, parce que les salarié-e-s n’ont pas à payer la crise, alors que patronat et actionnaires engrangent toujours dividendes et rémunérations exorbitantes.

-         Des moyens supplémentaires, l’arrêt des suppressions d’emploi et de nouvelles orientations pour les services publics, pour que les droits fondamentaux soient accessibles à toute la population : emploi, santé, éducation, transport, communication,…

-         En finir avec la fiscalité qui favorise les riches : suppression du bouclier fiscal, du paquet fiscal, de la défiscalisation des heures supplémentaires, et abaissement de la TVA sur les produits de première nécessité.

-         Abrogation des lois Bachelot (hôpital) et Pécresse (Université)

 

Dans les entreprises et les localités, décidons en assemblées générales de ce que sera le 26 mai, organisons-nous !

 

Sud En grève, mardi 26 mai

                     Nous voulons la grève générale,

                                                  Nous voulons gagner !

  

 

samedi 23.05.2009, 04:48 - La Voix du Nord

 Ce nouveau plan de 65 départs minimum devrait commencer en août ou septembre et s'étaler sur un an. Ce nouveau plan de 65 départs minimum devrait commencer en août ou septembre et s’étaler sur un an.

|  ACTUALITÉ SOCIALE |

Lors d’un comité central d’établissement qui s’est tenu mardi sur le site de Flers, la direction d’Inoplast a annoncé un nouveau plan de départs volontaires qui concernera 65 personnes minimum.

 

Le site d’Inoplast continue à dégraisser. Après un premier plan de 23 départs, à l’objectif atteint, la direction centrale a annoncé aux représentants du personnel, mardi, qu’elle allait en proposer un second. Cette fois le chiffre est multiplié par 3, puisque ce plan veut atteindre l’objectif de 65 départs. Et en réponse aux questions des syndicalistes, la direction a répondu que ce chiffre était un minimum. S’il y a plus de départs, ils seront acceptés… Avec les 23 premiers départs, l’effectif de l’usine de flersoise est tombé à 208. Si on soustrait encore 65 - et peut-être plus -, le nombre de salariés en septembre 2010, terme du plan, sera de 143. La dégringolade continue. Autre nouvelle, la ligne de peinture va être arrêtée.

Celle-ci fonctionne uniquement pour Sevelnord. Les pièces seront envoyées en Ardèche, au siège d’Inoplast, où elles seront peintes avant de repartir pour Sevelnord. Cette nouvelle vague de départs, les syndicats s’y attendaient. Ils ne sont pas rassurés pour autant sur le sort de l’entreprise. • J-L. R.

Lundi 18 mai 2009 par Solidaires Industrie

Sommaire :

- Un été chaud ?

- Grève chez PSA à Aulnay (93)

- Grève chez Inoplast à Flers (59)

- Grève chez Valeo à Amiens (80)

- Grève chez Lear Corporation (60)

- Chômage, inquiétude partout…

- Beaucoup d’Energie… pour la lutte !

- Bienvenue aux camarades qui nous rejoignent dans Solidaires Industrie

PDF - 200.8 koclic sur lien

Journal Solidaires Industrie mai 2009

 

Ecoutez cette chanson

 

http://www.youtube.com/watch?v=YKeL48diDv0

    

 

 Clic sur le format PDF tract_tg19-pe1 

Après une année de combat contre la direction et certaines organisations syndicales, dites représentatives, complices pour l’occasion, qui nous surnommaient les « sans étiquettes », nous voilà enfin reconnus!

 Sud Industries 59 est dans notre entreprise. Enfin !

Conformément à la nouvelle loi n° L 2008-789 du 20 août 2008 portant rénovation de la démocratie sociale et de la réforme du temps de travail Sud  dispose des mêmes droits que les organisations syndicales représentatives, hormis la signature d’un accord collectif.

Il est certes compréhensible que certains « syndicalistes » craignent de voir arriverSud Industries 59, et que cela bouscule leurs habitudes et leur confort.

 

Notre objectif ne sera jamais de polémiquer avec eux, la seule ambition de Sud Industries 59 est de défendre au mieux les intérêts des salarié (es) et de leur proposer une alternative dans laquelle ils se reconnaissent.

SudIndustries 59 n’agira qu’à partir des mandats qu’ils et elles lui auront confiés.

 

Pour Sudla section syndicale devrait pouvoir travailler dans de bonnes conditions, avec plus d’efficacité. La Direction doit donc au plus vite nous accorder :

 

       La participation au protocole pré-électoral et au premier tour des élections professionnelles de Décembre 2009.

       Des panneaux d’affichage dans toute l’entreprise comme les autres organisations syndicales.

       La mise à disposition d’un local syndical équipé

       L’organisation de réunions syndicales mensuelles dans l’entreprise.

 

SudVous informe de la nomination, depuis le 23 Mars, du RSS « représentant de la section syndicale », qui n’a pas été contestée par la Direction.

 

La Direction fait maintenant la sourde oreille car elle n’a certainement pas envie de voir SudIndustries 59 s’installer à Sevelnord.

Elle tarde à nous donner les moyens que la section est en droit de bénéficier.

 

Sud Industries 59 a décidé de ne pas céder face à la Direction et de saisir le Tribunal de Grande Instance en référé

 

Face à cette discrimination syndicale.

L’audience aura lieu ce mardi à 14 h00 à Valenciennes

 

A SEVEL T’A TOUS LES DROITS QUAND TU PORTES UNE BLOUSE 

OU QUAND PRESSION RIME AVEC REPRESSION ! ! !

 

  Le vendredi 24 avril, un salarié de la ligne M.E.F s’est vu agressé verbalement par M. FOULON qui a la fonction de R.U du secteur mais aussi délégué syndical de la C.F.D.T (à se demander si son secrétaire lui a expliqué quelle est la fonction du délégué syndical). Au salarié qui réclamait simplement de se rendre aux toilettes et après 40 minutes d’attente, il est intervenu avec les propos suivant « ferme ta grande gueule ! » mais encore « si t’es pas content, tu dégages ! » Pensez-vous que c‘est comme cela qu’un représentant de la Direction doit s’adresser aux salariés ? A quand les coups de pied aux fesses et le fouet ! ! !

Après ces faits, un débrayage a été réalisé par les collègues en solidarité avec leur camarade,  Sud a décidé de soutenir le mouvement alors que F.O a préféré tourner les talons certainement parce que le fait de débrayer pour une bonne cause leur fait peur… « Avec FO au ferrage ‘PONPON’ »

Sud ne veut pas entrer dans un conflit syndical mais il ne peut rester muet face au mépris croissant envers les salarié (es) de la part de la Direction. Celle-ci s’appuie sans état d’âmes sur des mutations arbitraires et obligatoires, des équilibrages qui mettent la santé des salarié (es) en danger, alors même que notre directeur Mr GUIBERT a signé une chartre pour zéro accident, et qu’il n’existe aucun projet d’un nouveau véhicule.

Nous voulons simplement que toute les organisations syndicales soient solidaires comme elles le sont lors des manifestations actuelles car nous avons tous la mêmes volonté :

 Le bien être des salarié(es), leur défense, leur rémunération, leur avenir dans l’entreprise.

La crise c’est eux, la solution c’est nous et ensemble !

Et maintenant, vous avez la paroles !!!!!!!

EN ADHERANT A Sud INDUSTRIES 59 DEVENEZ ACTRICES ET ACTEURS DE VOTRE AVENIR AU SEIN DE SEVELNORD

EN ADHERENT A Sud INDUSTRIES 59 BOUSCULEZ LES HABITUDES ET CONSTRUISONS ENSEMBLE NOS REVENDICATIONS

 

 

 

Origine du droit d’alerte et de retrait

 Le chef d’entreprise a la charge de la sécurité de son personnel. En cas de manquement à ses obligations, le chef d’entreprise encourt des sanctions pénales en cas d’infraction à la réglementation.

A l’intérieur des entreprises, les services de sécurité,les services médicaux du travail, les CHSCT participent à la protection de la santé des salariés sur leslieux de travail. Cependant, lorsqu’une situation dangereuse pour la vie ou la santé des salariés apparaît soudainement,ce sont des décisions rapides qui s’imposent.

La direction de l’entreprise prendra souvent les mesures nécessaires en vue de la suppression de la situation dangereuse. Si la direction de l’entreprise ne réagit pas suffisamment ou convenablement, qui peut rapidement se substituer à elle ?

Le droit d’arrêter le travail

La loi n° 82-1097 du 23 décembre 1982 a reconnu à tout salarié un droit d’alerte et de retrait face à un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé. Cette loi est insérée au sein du code du travail (C.trav., art. L. 231-8 à L.231-9).

Le décret n° 82-453 du 28 mai 1982 modifié a introduit le dispositif du droit de retrait dans la fonction publique d’État, assurant ainsi la transposition de la directive-cadre n° 89/391/CEE du 12 juin 1989 relative à la protection de la santé et de la sécurité au travail.

Par ailleurs, la protection de l’intégrité physique du salarié est de plus en plus prise en compte par la jurisprudence.

La Notion de danger grave et imminent

Condition d’exercice du droit de retrait

L’existence d’un danger grave et imminent est une condition d’exercice du droit d’alerte et de retrait. Cette notion doit être précisée autant que possible, car elle est une source évidente de contestation.

Elle doit être perçue d’une manière objective, le plus souvent : existe-t-il un danger grave et imminent ? Mais elle doit parfois être perçue de manière subjective : le salarié avait-il un motif raisonnable de se croire menacé par un danger grave et imminent ?

Constitue un motif raisonnable justifiant l’exercice de son droit de retrait par le salarié la défectuosité du système de freinage du camion de l’entreprise, alors qu’après l’interdiction de circulation émise par le service des mines, l’employeur était tenu de présenter le véhicule à une contre-visite afin que ce même service des mines puisse garantir l’intégralité des réparations effectuées.

En attendant ce nouveau contrôle, le salarié était en droit de penser que la conduite de ce camion présente un danger grave et imminent pour sa vie, les tiers, ainsi que le matériel de l’entreprise. Le licenciement fondé sur le refus de conduire le véhicule était dès lors sans cause réelle et sérieuse (CA Montpellier, ch. soc., 30 avr. 1998, n° 857, SA Pinault équipement c/ Zavierta).

Définition

Le danger est une menace pour la vie ou la santé du salarié, c’est-à-dire une situation de fait en mesure de provoquer un dommage à l’intégrité physique du travailleur. Ce danger doit être grave et non simplement léger. Est grave ce qui est susceptible de conséquences fâcheuses, de suites sérieuses, dangereuses.

L’imminence évoque la survenance d’un événement, dans un avenir très proche, dans très peu de temps. Selon H. Seillan, il y a danger grave et imminent lorsqu’on est en présence d’une menace susceptible de provoquer une atteinte sérieuse à l’intégrité physique d’un travailleur, dans un délai très rapproché.

La notion de danger grave et imminent concerne plus particulièrement les risques d’accidents, puisque l’accident est dû à une action soudaine entraînant une lésion au corps humain. Les maladies sont le plus souvent consécutives à une série d’événements à évolution lente. Cependant, la vitesse de réalisation du dommage importe peu. Que le dommage se réalise progressivement ou instantanément,le risque proche d’une dégradation de la santé du travailleur constitue un danger grave et imminent.

Le danger peut provenir d’une machine, d’un processus de fabrication ou d’une ambiance de travail (Décl. min. Trav. : JOAN Q, 24 sept. 1982, p. 5086).

Travaillant dans un local insalubre, mal éclairé, soumis à des émanations de gaz, non chauffé, entre 13 et 15 °C, le salarié avait un motif raisonnable de penser que sa santé était menacée par un danger grave et imminent (CA Versailles, 12 nov. 1996, n°852, SA Asystel Maintenance c/ Michel).

Le droit d’alerte

Le salarié signale immédiatement à l’employeur ou à son représentant toute situation de travail dont il a un motif raisonnable de penser qu’elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé (C. trav., art. L. 231-8).

Un représentant du personnel au CHSCT qui constate un danger grave et imminent en avise immédiatement l’employeur ou son représentant et consigne cet avis par écrit (C. trav., art. L. 231-9, al. 1er et R. 236-9).

La procédure d’alerte qui existait, avant 1982, au bénéfice des représentants du personnel au CHSCT, a été étendue à tout salarié.

Droit d’alerte ou obligation ?

La lecture de l’article L. 231-8 du code du travail n’indique clairement ni que le salarié a le devoir d’informer la direction de l’établissement, ni qu’il en a l’obligation lorsqu’il constate un danger grave et imminent. Qu’il en ait le droit, cela semble une évidence.Mais le texte semble se contenter d’un constat. L’examen des débats parlementaires n’apporte aucune précision quant à l’existence d’une obligation. Le texte visant les représentants du personnel au CHSCT apparaît plus contraignant, puisqu’il précise les modalités de l’information de l’employeur.

L’avis d’alerte peut être donné verbalement, comme pour tout salarié. La consignation écrite est utile et imposée à titre de preuve. Pour les représentants du personnel au CHSCT, l’avis doit être consigné sur un registre spécial coté, ouvert au timbre du comité. Il est daté, signé et comporte l’indication du ou des postes de travail concernés, de la nature du danger et de sa cause, ainsi que le nom du ou des salariés exposés (C. trav., art. R. 236-9).

Inspection et réunion urgente du CHSCT

A la suite d’un avis de danger grave et imminent émis par un représentant du personnel au CHSCT, l’employeur ou son représentant doit procéder sur-lechamp à une enquête avec le membre du CHSCT qui lui a signalé le danger et prendre les mesures nécessaires pour y remédier.

En cas de divergence sur la réalité du danger ou la façon de le faire cesser, le CHSCT est réuni d’urgence et, en tout état de cause, dans un délai n’excédantpas vingt-quatre heures. En outre, l’employeur doit informer immédiatement l’inspecteur du travail et l’agent du service de prévention de la CRAM qui peuvent assister à la réunion du CHSCT (C. trav., art. L. 231-9, al. 1er et 2).

A défaut d’accord entre l’employeur et la majorité du CHSCT sur les mesures à prendre et leurs conditions d’exécution, l’inspecteur du travail est saisi immédiatement par l’employeur ou son représentant. Il met en oeuvre, le cas échéant, soit la procédure de mise en demeure prévue à l’article L. 231-5, en adressant un rapport au directeur départemental du travail, soit la procédure du référé prévue à l’article L. 263-1 (C.trav., art. L. 231-9, al. 3).

Le droit de retrait

L’employeur ou son représentant ne peut demander au salarié de reprendre son activité dans une situation de travail où persiste un danger grave et imminent (C. trav., art. L. 231-8, al. 2).

Conditions d’exercice du droit de retrait

Il doit être clair que le droit institué n’est qu’une faculté et qu’en aucun cas il ne saurait être reproché à un salarié victime d’un accident de travail de ne pas s’être retiré d’une situation de travail qui s’est révélée dangereuse. Aussi bien, la seule obligation incombant au salarié en la matière consiste, au cas où il estime devoir se retirer pour ce motif, à le signaler à l’employeur ou son représentant (Circ. DRT n° 93/15, 25 mars 1993).

L’exercice du droit de retrait nécessite, au préalable ou de manière concomitante, l’utilisation de la procédure d’alerte. Le règlement intérieur peut imposer une information écrite ; mais la loi n’ayant imposé aucune formalité, le retrait peut valablement intervenir à la suite d’une information donnée par tous moyens.

Le retrait est un droit du salarié, il ne constitue en aucun cas une obligation. Le non-exercice du droit de retrait ne saurait amener une réduction ou l’élimination de la responsabilité encourue par l’employeur au titre des accidents ou maladies professionnels.

Le droit de retrait doit être exercé de telle manière qu’il ne puisse créer pour autrui une nouvelle situation de risque grave et imminent (C. trav., art. L. 231-8-2).

Toute la théorie de l’abus d’un droit a pour but d’éviter et de sanctionner l’exercice d’un droit dans le seul but de nuire à autrui. Le droit reconnu au salarié pour assurer sa propre protection ne peut être totalement égoïste et ignorer ses collègues de travail. Cette limite conduira souvent à un exercice collectif du droit de retrait. Un salarié exposé à un risque grave et imminent exercera son droit de retrait, ce qui aura pour effet l’exercice de ce même droit par ses collègues, afin d’éviter toute conséquence en chaîne. Certains dangers graves et imminents concerneront une équipe de travail, amenant chaque membre de l’équipe à exercer son droit de retrait, au même moment.

La difficulté est de préciser les responsabilités encourues par un salarié dont l’exercice du droit de retrait crée pour autrui un risque grave et imminent.

En l’absence de conséquences fâcheuses, le salarié fautif pourra faire l’objet de sanctions disciplinaires. Toutefois, de telles sanctions pourraient apparaître manifestement disproportionnées à la faute commise, s’il s’avère que le salarié se trouvait face à un danger grave et imminent pour luimême, que son imprudence n’a pas eu d’effets pour autrui.

Si l’exercice du droit de retrait cause un risque dont est victime une personne, le salarié qui s’est retiré de son poste de travail a manqué à ses obligations et commis une faute tant civile que pénale. Il est nécessaire que l’accident subi par autrui ait sa cause dans l’exercice du droit de retrait, ce qui sera possible, en particulier, pour un salarié occupant un poste de sécurité. Sur le plan pénal, la sanction du délit d’imprudence, blessures ou homicide, pourra être appliquée. Sur le plan civil, la faute commise par le salarié pourra entraîner sa responsabilité quant aux conséquences financières subies par l’entreprise : dégâts matériels, perte de production, surcroît de cotisations accidents de travail. Le salarié fautif est susceptible de sanctions disciplinaires, éventuellement d’un licenciement pour faute grave. Le degré de la faute commise dépendra en partie des conséquences dommageables, mais aussi de la faculté d’appréciation par le salarié de la situation créée pour autrui du fait de l’exercice de son droit de retrait.

Conséquences du retrait

Aucune sanction, aucune retenue de salaire ne peut être prise à l’encontre d’un salarié ou d’un groupe de salariés qui se sont retirés d’une situation de travail dont ils avaient un motif raisonnable de penser qu’elle présentait un danger grave et imminent pour la vie ou la santé de chacun d’eux (C. trav., art. L.231-8-1).

Le pouvoir disciplinaire du chef d’entreprise ne permet pas de sanctionner l’exercice régulier du droit de retrait. Une erreur du salarié quant à l’existence d’un danger grave et imminent ne constitue pas une faute sanctionnable, dès lors que celui-ci avait un motif raisonnable de croire à un danger grave et imminent.

L’exercice régulier du droit de retrait ne peut entraîner aucune retenue de salaire. Le salarié qui s’est retiré d’une situation dangereuse doit percevoir sa rémunération comme s’il avait poursuivi son travail, quelle que soit la durée du retrait. Le maintien de la rémunération se justifie par l’idée que le chef d’entreprise doit assurer la sécurité de son personnel.

Le droit de retrait peut être exercé par un groupe de salariés, si chacun d’eux se croit menacé par le danger grave et imminent. L’exercice collectif du droit de retrait ne soulève pas, semble-t-il, de difficultés, s’il est régulier. L’exercice abusif du droit de retrait par un groupe de salariés doit être distingué d’un arrêt collectif de travail en vue de l’amélioration des conditions de travail, c’est-à-dire d’une grève. En l’absence de danger grave et imminent, la différence entre les deux situations consiste dans le caractère concerté de la grève. L’employeur doit être informé au préalable des revendications professionnelles ; éventuellement, un préavis de grève s’impose. Le droit de retrait n’est précédé que par la procédure d’alerte ; le droit de retrait et l’alerte seront souvent effectués d’un même mouvement.

La durée du retrait dépend de la nature du danger grave et imminent et des mesures préventives décidées par le chef d’établissement. Celui-ci, alerté par un salarié, fait procéder à une inspection des lieux de travail.

Il ordonne les mesures nécessaires à la suppression ou la limitation du danger. Lorsque l’employeur considère qu’il n’existe pas ou plus de danger grave et imminent, il peut ordonner au salarié de retourner à son poste de travail. En cas de refus du salarié, il doit s’efforcer de le convaincre qu’il n’a plus de motif raisonnable de craindre pour sa vie ou sa santé. A partir de quel moment l’employeur peut-il sanctionner un salarié récalcitrant dont le retrait injustifié est devenu abusif ? Il semble qu’une fois le retrait exercé à la suite d’une appréciation subjective, le législateur ait imposé le retour à une appréciation objective, c’est-à-dire celle des techniciens et de la direction de l’entreprise.

 

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